Uber se lance dans le transport médical urgent (type SAMU)

By juillet 12, 2016News, Uber

Transport médical

Le transport médical non-urgent

Pour rappel, Uber avait déjà noué début 2016 un partenariat avec MedStar, un groupement d’hôpitaux Américains type APHP.  Les patients de MedStar peuvent commander un Uber depuis le site internet de l’hôpital pour se rendre à leur rendez-vous.

Evidemment pas besoin d’une ambulance dans ce type de transport médical, mais Uber commençait déjà à empiéter sur le marché habituellement réservé aux taxis. Lyft qui n’est pas en retrait a noué un partenariat similaire avec National Medtrans Network.

MedStar est un groupement d’hôpitaux privés. Libre à eux de créer un partenariat avec qui ils souhaitent pour leur transport médical non-urgent. Cela démontre cependant l’intérêt d’Uber dans le transport médical en général.

Le transport médical urgent

Uber souhaite étendre son offre de transport sanitaire et s’attaque donc au transport médical urgent. Quand une personne appelle 911 aux Etats-Unis (l’équivalent du 15/SAMU), une ambulance ou des pompiers se rendent habituellement sur place. Suivant la gravité du problème, le patient est soigné sur place ou envoyé à l’hôpital.

Ce système coûte très cher et la ville de Washington souhaite lancer un nouveau programme pour en réduire ses coûts. Quand un patient appelle 911 et que la gravité de son état ne nécessite pas une ambulance, c’est un Uber qui lui sera envoyé début 2017 pour le conduire à l’hôpital.

Contrairement à MedStar, Uber s’intègre maintenant à un système public de transport médical urgent. Le choix de la ville de Washington n’est pas un hasard, car c’est la capitale des Etats-Unis. Uber souhaite certainement démontrer aux politiques sa capacité à gérer le transport médical urgent, et éventuellement s’étendre au reste des Etats-Unis.

Le transport médical en France

Il existe aujourd’hui 3 solutions qui sont en concurrence pour le transport sanitaire : les ambulances, les Véhicules Sanitaires Légers (VSL) et les taxis. On compte environ 14.000 ambulances, 14.000 VSL et 35.000 taxis conventionnés.

En 2010, les dépenses sur le transport sanitaire représentaient 3,5 milliard d’euros, soit 2,1% des dépenses de l’assurance maladie. L’assurance maladie souhaite réduire ces dépenses de transport sanitaire qui augmentent trop rapidement.

Ces réductions peuvent se faire par exemple par :

  • Un meilleur contrôle des factures
  • La dématérialisation des documents
  • L’harmonisation des processus de traitement des caisses
  • Et évidemment par l’introduction d’une quatrième solution : le VTC

Les plateformes type Uber, SnapCar, etc. ne cachent pas leur intérêt d’ouvrir ce marché aux VTC. Allocab avait déjà publié fin 2014 une lettre ouverte aux maires de France proposant leur plateforme pour le transport médical assis. Les enjeux financiers sont énormes sur ce marché compliqué et fragmenté. Il n’y a donc pas de doute que les plateformes vont continuer à mettre la pression pour obtenir l’accès à ce marché.